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Colloque « Histoire et conscience de classe, un siècle après »

Publié le par Jean-Pierre Morbois

Comité d’organisation : Alix Bouffard (CRePhAC, Université de Strasbourg), Alexandre Feron (ISJPS/PhiCo/ExeCo Paris 1), Franck Fischbach (Hiphimo, Paris 1), Katia Genel (Sophiapol/Nanterre), Frédéric Monferrand (ISJPS/PhiCo/NoSoPhi, Paris 1).

Lieu : Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, Centre Panthéon, salle 216.

Dates : mercredi 18 et jeudi 19 décembre 2024

Présentation du colloque :

Publié en 1923, Histoire et conscience de classe de Georg Lukács s’est imposé comme l’un des grands livres de philosophie sociale et politique du xxe siècle. Non seulement Lukács y réévalue l’ancrage philosophique d’un marxisme qu’il arrache aux formules dogmatiques de la Seconde Internationale en faisait dialoguer l’œuvre de Marx aussi bien avec la philosophie allemande classique (Kant, Fichte, Hegel) qu’avec d’autres courants intellectuels de son temps (néokantisme, sociologie allemande, austro-marxisme), mais il le fait en outre dans une perspective résolument politique, pour élargir et approfondir l’horizon ouvert par la révolution d’Octobre en Russie. Si le marxisme est redéfini par Lukács comme une méthode de connaissance de la société et de l’histoire, il est aussi et surtout une philosophie de l’agir révolutionnaire, ce qui implique à la fois la formulation d’un diagnostic sur le présent historique (critique de la réification) et l’identification des conditions sociales et organisationnelles sous lesquelles un dépassement de la réification est possible (théorie de la révolution).

Cette orientation indissociablement philosophique et politique explique la singulière réception d’Histoire et conscience de classe. Conçu comme un prolongement théorique et réflexif de la révolution d’Octobre, l’ouvrage est pourtant immédiatement dénoncé par le Komintern comme une déviation idéaliste, avant d’être érigé en figure du « marxisme occidental » (Perry Anderson). Il irrigue ainsi une grande partie des marxismes hétérodoxes du xxe siècle, de l’école de Francfort à la phénoménologie existentielle en passant par Socialisme ou Barbarie puis l’Internationale Situationniste en France, l’école de Budapest en Hongrie, le groupe Praxis en Yougoslavie ou l’opéraïsme en Italie.

C’est à cette singularité qu’entend rendre justice ce colloque organisé pour le centenaire d’Histoire et conscience de classe, en abordant l’ouvrage selon le triple point de vue de son contexte d’élaboration, de sa réception et de ses actualisations contemporaines.

Programme

Mercredi 18 décembre

8h45: accueil et ouverture du colloque

9h-10h30:

Rüdiger Danneman : Georg Lukács’ Plan for an Institute for Historical Materialism in 1919 and 1923

Karl Lauschke : La genèse de l’essai sur la réification

10h45-12h15 :

Jean Quétier : D’où vient le « hiatus » fichtéen ? Ce qu’Histoire et conscience de classe doit à Emil Lask

Chiara Collamati : La naturalisation de la forme. Retour sur l’essence anhistorique de la pensée bourgeoise

14h-15h30

Andrea Cavazzini : Lukács avant Histoire et conscience de classe. Jalons pour une généalogie du marxisme occidental.

Camilla Brenni : L'idéalisme organisateur de Lukács, la rencontre Hegel-Lénine dans Histoire et conscience de classe.

15h45-18h

Louis Carré : Inactualités de l’utopie et du prolétariat. Retour sur un débat centenaire entre Lukács et Bloch

Laurie Haffas : La lecture d’Histoire et conscience de classe par Siegfried Kracauer : un jalon (critique) du marxisme minoritaire-juif 

Andrew Feenberg : La réification comme fétiche et comme signification

Jeudi 19 décembre

9h-10h30 :

Alix Bouffard : Retraduire Histoire et conscience de classe

Vincent Chanson : Histoire et conscience de classe, critique de la vie quotidienne et constellation « Arguments » : un « marxisme occidental » en France ?

10h45-12h15 :

Alexis Piat : Totalité et prolétariat. Sur la postérité d’Histoire et conscience de classe dans la « Critique de la valeur »

Matteo Polleri : Histoire et subjectivation de classe : un Lukács foucaldien ? Antonio Negri lecteur d’Histoire et conscience de classe

14h-15h30 :

Stéphanie Roza : De la réification à la manipulation: histoire d'une évolution conceptuelle

Yohann Douet : Pour une théorie lukacsienne du fascisme

15h45-18h :

Alexis Cukier  : Quelle réactualisation écomarxiste d’Histoire et conscience de classe ? Réification, nature et capitalisme vert

Erwan Sommerer : Lukács contre l’hétérosexisme et le cissexisme ? L’apport du matérialisme queer au débat actuel sur la « politique de l’identité »

Jonathan Daudey : Exproprier les mémoires : le concept de réification à l’épreuve des enjeux postcoloniaux.

 

L'administrateur de ce blog ne cautionne en aucune façon l'intervention intitulée : "Lukács contre l’hétérosexisme et le cissexisme ? L’apport du matérialisme queer au débat actuel sur la « politique de l’identité »." Il est clair que Lukács n'a rien à voir avec les absurdités woke, et que l'expression "matérialisme queer" n'aurait eu aucun sens pour lui qui se réclamait du matérialisme dialectique et historique, et combattait le matérialisme vulgaire.

Publié dans Actualité

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Le blog publie un article de 1950 : Kazakévitch, Le printemps sur l’Oder.

Publié le par Jean-Pierre Morbois

Voici un texte intéressant. Il figure dans les deux premières éditions du recueil Le réalisme russe dans la littérature mondiale chez Aufbau Verlag, Berlin, 1952, où il occupe les pages 511 à 541, mais Lukács l'a retiré de l'édition du tome 5 des Œuvres chez Luchterhand, le considérant comme "raté".
Raté ? Mais pourquoi donc ? C’est ce que nous invitons le lecteur à découvrir par lui-même. Peut-être Lukács a-t-il pris conscience, notamment au travers des événements survenus depuis, que la réalité soviétique n’était pas telle que l’on voudrait qu’elle soit, et que les caractéristiques qu’il lui attribue sont en fait celles dont il rêve pour elle. Quoi qu’il en soit, au-delà d’être une recension du livre de
Kazakévitch, ce texte est à nouveau pour Lukács l’occasion de rappeler ses conceptions en matière de littérature réaliste socialiste, implicitement différentes des conceptions jdanoviennes.

Lire l'article dans les "pages" du blog : 
http://amisgeorglukacs.org/2024/12/georg-lukacs-kazakevitch-le-printemps-sur-l-oder-1950.html

Publié dans Textes de Lukacs

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Le blog publie la préface de Lukács au livre de Guido Aristarco Il dissolvimento della ragione

Publié le par Barthélemy Amengual

La traduction de l'italien en français est l'œuvre de Barthélémy Amengual. Elle a été publiée dans Études Cinématographiques 88-92, Janvier 1972, en même temps que le premier chapitre du livre de Guido Aristarco sous le titre Marx, le cinéma et la critique de film. Paris, Minard Lettres modernes, 1972.

Ecrit en 1965, à une époque où Lukács travaille à son Ontologie de l'être social, il est significatif que les concepts d'aliénation et de manipulation figurent dans ce texte

 

Lire le texte dans les "pages" du blog :

http://amisgeorglukacs.org/2024/11/lukacs-preface-au-livre-de-guido-aristarco-marx-le-cinema-et-la-critique-de-film-1965-1965.html

Publié dans Textes de Lukacs

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Le blog publie un texte de 1967 : éloge du dix-neuvième siècle.

Publié le par Jean-Pierre Morbois

Ce texte concis, écrit en 1967, est contemporain de la rédaction de l’Ontologie de l’être social, et notamment de son dernier chapitre, l’Aliénationoù le concept de manipulation est massivement présent. La manipulation, qui flatte l’individu dans sa singularité, répand la désidéologisation et le relativisme, est en effet, dans la société du consumérisme, un puissant adjuvant de l’aliénation qui inhibe ses capacités d’épanouissement personnel, d’expression de sa personnalité. Il est à maint égard prémonitoire, quand on considère la situation qui prévaut aujourd’hui.

Lire l'essai dans les "pages" du blog :

http://amisgeorglukacs.org/2024/11/georg-lukacs-eloge-du-dix-neuvieme-siecle-1967.html

Publié dans Textes de Lukacs

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Le blog publie un texte de 1956 : Le problème de la perspective

Publié le par Jean-Pierre Morbois

Ce texte est une intervention prononcée le 11 janvier 1956 à Berlin-Est au ivème congrès des écrivains allemands.
Staline est mort moins de trois ans auparavant, mais le xxème congrès du PCUS, qui amorcera la déstalinisation, n’aura lieu que le mois prochain. Les événements de Hongrie, où le dirigeant stalinien
Mátyás Rákosi est toujours en place, ne se sont pas encore produits. La doctrine officielle du mouvement communiste international en matière artistique, c’est le « réalisme socialiste » codifié par Jdanov. Au congrès des écrivains allemands à Berlin-Est, Lukács développe sa propre conception du réalisme socialiste, qui se doit avant tout d’être concret. Point ne sert de célébrer abstraitement un avenir radieux. L’écrivain socialiste doit figurer des personnages concrets, et s’il évoque une perspective, il ne peut le faire qu’en donnant à ces personnages des « physionomies prophétiques », et ce ne peut être qu’une perspective concrète, modeste, à court terme, « le maillon suivant de la chaîne. »

Lire le texte dans les "pages" du blog :

http://amisgeorglukacs.org/2024/10/georg-lukacs-le-probleme-de-la-perspective-1956.html

 

Publié dans Textes de Lukacs

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Le blog publie une entretien radiophonique de 1969 avec Arnold Hauser

Publié le par Jean-Pierre Morbois

Bien qu’il soit publié dans le tome 18 des œuvres de Lukács qui regroupe ses entretiens, ce texte tourne plutôt autour de l’œuvre d’Arnold Hauser, Histoire sociale de l'Art et de la Littérature, à l’occasion de sa publication en langue hongroise. Né en Hongrie où, dans le cadre du Cercle du Dimanche, il a connu Lukács qui a exercé sur lui une impression forte et durable, Arnold Hauser vit en exil depuis cinquante ans, et l’entretien radiophonique organisé entre Londres et Budapest est l’occasion de chaleureuses retrouvailles, et d’échanges fructueux sur la situation que connaît alors le marxisme au sortir de l’ère stalinienne.

Lire le texte dans les "pages" du blog.

http://amisgeorglukacs.org/2024/10/georg-lukacs-cinquante-ans-apres.entretien-avec-arnold-hauser-1969.html

Publié dans Textes de Lukacs

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Le blog publie un entretien de 1968 : tous les dogmatiques sont des défaitistes.

Publié le par Jean-Pierre Morbois

1968 : à l’époque où Lukács, âgé de 83 ans, qui travaille alors à son Ontologie de l’être social, donne cet interview, le mouvement communiste international est en crise, avec l’apparition au grand jour des divergences sino-soviétiques, et avec lui c’est le marxisme lui-même, dont il est la doctrine officielle, qui est en crise. De cette crise, Lukács espère que sortira un renouveau, un développement du marxisme, qui ne soit ni une révision, ni un ajout d’ingrédients étrangers. On constate en effet à cette époque à une effervescence intellectuelle qui débouchera sur les événements de 1968.

Déjà, en 1957, il écrivait : « Le révisionnisme, – c'est-à-dire le plus grave danger qui menace aujourd’hui le marxisme – ne peut être combattu efficacement si l’on ne soumet d’abord le dogmatisme à une vigoureuse critique, tout ensemble théorique et pratique. » 

Mais Lukács est à l’époque un homme seul, dont la voix ne porte guère. Le temps a passé. Le monde a bien changé en 60 ans. Le « camp socialiste » a disparu. Le marxisme semble bien oublié. Et pourtant !

Lire l'entretien dans les "pages" du blog : 

http://amisgeorglukacs.org/2024/10/georg-lukacs-tous-les-dogmatiques-sont-des-defaitistes-1968.html

 
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Le blog publie un essai de 1964 : Sur un aspect de l’actualité de Shakespeare.

Publié le par Jean-Pierre Morbois

Lukács s’est passionné dès son plus jeune âge pour le théâtre, participant à 19 ans à la fondation de la compagnie Thália. Quelques années plus tard, il publie un livre, épais de 550 pages, consacré à L’Histoire de l’évolution du drame moderne. (Werke tome 15).
Plus de 50 ans après, voici un texte très court : (5 pages en annexe du tome 6 des
Werke), très dense, difficile à traduire et à comprendre, contemporain de la parution de l’Esthétique.
Lire l'essai dans les "pages" du blog :

http://amisgeorglukacs.org/2024/10/georg-lukacs-sur-un-aspect-de-l-actualite-de-shakespeare-1964.html
 

Publié dans Textes de Lukacs

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Le blog publie des lettres de jeunesse de Lukacs.

Publié le par Jean-Pierre Morbois

 Il s'agit de lettres parues dans  L'Homme et la société, n° 43-44, 1977, dont certaines ne figurent pas dans le choix de lettres effectué par Éva Fekete et Éva Karádi pour le recueil Correspondance de jeunesse (1908-1917) de Lukács, Paris, François Maspero, 1981.

Lire cette correspondance dans les "pages" du blog.

http://amisgeorglukacs.org/2024/10/georg-lukacs-correspondance-de-jeunesse-1908-1909.html 

Publié dans Textes de Lukacs

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Le blog publie un essai de 1952 : Don Quichotte.

Publié le par Jean-Pierre Morbois

Le texte de Lukács n’est pas une recension de l’œuvre de Cervantès, mais un exposé de la place que celle-ci occupe dans la littérature mondiale comme pionnier du réalisme critique.

Lire l'article dans les pages du blog : 

http://amisgeorglukacs.org/2024/09/georg-lukacs-don-quichotte-1952.html

Publié dans Textes de Lukacs

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